Un match épique s’est déroulé devant nos yeux ce matin entre Rafael Nadal et Novak Djokovic. La différence entre la victoire et la défaite parfois ne tient qu’à un fil ou dans ce contexte à un pouce ! Le point que Nadal avait en offrande devant lui pour consolider le bris du service de Djokovic semblait être une formalité ; un terrain tout grand ouvert pour déposer la balle et ainsi prendre les devant 40-15 dans le cinquième set pour conserver son service et creuser l’écart à 5-3. Ma perception n’est pas la réalité car seul Nadal pourrait nous expliquer ce qui s’est produit. Dans tous ses points, Nadal semblait libre et il « laissait la balle partir » en s’élançant de tout son lui ! C’est cette attitude qui lui a permis de rester dans ce match et d’ébranler Djokovic mais à cet instant précis, j’ai senti qu’il a eu de la retenue, si infime soit elle, il a semblé saisir toute l’ampleur de l’importance de ce point et de cette ouverture si grande qui s’offrait à lui et ça lui a coûté le point. Je suis une fan de Nadal (encore plus de Federer mais bon) et j’apprécie tout l’effort et l’engagement qu’il démontre dans chacun de ses points. À l’opposé Djokovic ne semble pas travailler fort mais plutôt travailler bien et de façon mesurée. Son niveau d’énergie a vraisemblablement chuté plus le match avançait et je sentais bien que ce serait le tour de Nadal tellement il « décochait » mais la stabilité et la confiance en ses moyens que Djokovic a démontré me sidère. Bien entendu il est le numéro 1 et pour l’avoir regardé jouer à plusieurs reprises au cours des dernières années, il est très talentueux, il a une excellente maîtrise de sa raquette en plus de disposer de plusieurs armes offensives mais ce qui m’a marqué aujourd’hui a été sa patience. Pendant un même échange, il attendait le moment clé pour enfoncer le clou. Il n’a pratiquement jamais précipité la fin d’un échange malgré le fait qu’il semblait fatigué. Nadal lui semblait prendre toutes les chances pour défaire Djokovic. Serait-ce simplement l’aura du numéro 1 qui donne à Djokovic cette sensation, cette confiance qu’il a tout ce dont il a besoin pour gagner ?
Cette réflexion m’amène à me questionner sur les risques que je peux prendre sur un terrain dans mes propres matchs. Et si cette confiance, ce sentiment de savoir que je n’ai pas à tout risquer pour marquer ce point, était la différence entre un ratio de victoires/défaites beaucoup plus avantageux ? Et si cette confiance ne s’ébranlait ou ne s’effritait aucunement tout au long d’un même match peu importe que le pointage soit en ma faveur ou non ? Parfois, selon le déroulement des derniers échanges, il m’arrive de sentir que je doive en faire plus pour gagner au lieu de simplement faire confiance à mes aptitudes, à mon expérience et de reconnaître que le momentum peut subitement changer de côté et qu’il peut tout aussi bien revenir. Mon point est simplement celui-ci : Et si ce « savoir » de toujours tout avoir dans mon coffre à outil était la seule clé manquante à de performances extraordinaires ? Ici, je me permets une extrapolation dans le quotidien. Qu’adviendrait-il de nous individuellement et collectivement si nous nous munissions de cette croyance profonde que nous détenons la réponse à nos maux et qu’en plus nous reprenions possession de notre responsabilité pour notre bonheur et notre bien-être ? Ne resterait plus qu’à cultiver ce lien entre ce savoir profond et sa manifestation évidente pour que nous prenions action…
MA
















